Prévention Incendie
Qu'est-ce qu'un incendie ?
Un incendie est une combustion, c'est-à-dire une réaction
chimique entre un combustible et l'air ambiant (comburant), sous
l'effet d'une énergie d'activation (flamme). Certaines
conditions matérielles peuvent accélérer
le phénomène :
la
proximité des différents bâtiments entre
eux,
un
mauvais entretien des abords,
les
conditions de stockage,
les
matériaux utilisés dans la construction.
Ces éléments contribuent à l'appréciation
du risque de la part de l'assureur : l'acceptera-t-il et à quel
coût ?
Quels peuvent être,
dans une entreprise, les matériaux combustibles ?
Dans une entreprise, les combustibles se
présentent sous différentes formes :
matériaux
constitutifs des bâtiments et installations (structures
en bois, matériaux d'isolation thermique ou acoustique),
matières
premières, produits en cours de fabrication et finis,
gabarits,
modèles, liquides inflammables et emballages,
déchets
de fabrication.
Quelles sont les
principales sources d'incendie ?
Les principales sources d'ignition proviennent
des sources d'énergie :
l'énergie électrique
: mauvaise conception ou utilisation des installations ou appareils,
câbles défectueux qui peuvent être à l'origine
de court-circuits
les
installations de chauffage des locaux ou de process industriel
: séchage, cuisson
les
travaux par points chauds : projection de gouttelettes incandescentes,
la
foudre,
l'électricité statique,
les
frottements mécaniques : échauffement entre deux
pièces métalliques.
A noter :
L'essentiel des actions de prévention et de protection
vise à contrôler les sources d'énergie (flamme,
point chaud et échauffements anormaux). Les assureurs
disposent de corps d'ingénieurs spécialisés
dans l'appréciation de ces risques. Effectuer la visite
de risque ensemble instaure un dialogue qui permet de cerner
au mieux les risques.
Qu'est-ce que
le "point éclair" d'un liquide inflammable
?
Les liquides inflammables ne brûlent pas, seules les vapeurs
qu'ils émettent peuvent s'enflammer. Le "point éclair" est
la température à laquelle un liquide émet
un volume suffisant de vapeurs susceptibles de s'enflammer.
La loi N°76-663 du 19 juillet 1976
relative aux installations classées pour la protection
de l'environnement prévoit quatre catégories de
liquides inflammables, déterminées par le "point éclair" :
Les
liquides extrêmement inflammables : dès une température
inférieure à 0°C (ex : l'essence, à -43 °C)
Les
liquides inflammables de 1ère catégorie : température
comprise entre 0°C et 55 °C (ex : le gazole, à +50°C)
Les
liquides inflammables de 2ème catégorie : température
comprise entre 55°C et 100°C (ex : le kérosène, à 60 °C)
Les
liquides peu inflammables : température supérieure à 100 °C
(ex : le mazout).
Seuls un dialogue continu et une visite de risque réalisée
par un ingénieur spécialisé de votre assureur
vous permettront de cerner ensemble les risques en amont
Quels sont les moyens de prévention
de propagation d'un incendie ?
La conception d'un stockage de liquides
inflammables doit prévoir :
Un
local spécifique
Une
rétention suffisante, d'une contenance égale à la
somme des volumes de liquides entreposés, afin d'éviter
une pollution accidentelle et la propagation d'un feu de liquides
Un
dispositif de ventilation naturelle doit être assuré par
une amenée d'air en partie basse et une évacuation
des vapeurs en partie haute pour éviter une concentration
de vapeurs inflammables
Une
installation électrique anti-déflagrante
Une
distance minimale de 10 mètres avec les autres bâtiments
A noter :
Votre assureur et son ingénieur spécialisé pourront
vous proposer des aménagements simples qui, outre une
réduction de prime, apporteront une sécurisation
accrue. trop technique ? Parlez-en avec cet ingénieur
lors de la visite de risque que vous effectuerez ensemble en
amont.
Quelles sont les
obligations réglementaires auxquelles le chef d'entreprise
doit se soumettre en matière d'organisation de la
sécurité incendie ?
Les obligations concernent :
Le
nombre et la largeur des dégagements (R. 232-12-2 à 7
du code du travail) :
Les personnes doivent pouvoir évacuer rapidement. La largeur
réglementaire est de 0,80 m pour les entreprises jusqu'à 20
personnes et de 1,50 m pour celles entre 21 et 100 personnes.
Le
désenfumage (R.235-4-1 à 7 du code du travail)
:
Il
doit être prévu dans les nouvelles constructions.
Le
chauffage des locaux (R.232-12-8 à 12 du code du travail)
:
Il
ne doit représenter aucun risque d'incendie.
Les
matières inflammables (R.232-12-13 à 16 du code
du travail) :
Les
installations électriques doivent être réglementaires
(décret du 14/11/88). Il ne doit y avoir aucune source
d'ignition en présence de matière dangereuse.
Les
moyens de prévention et de lutte contre l'incendie (R.232-12-17 à 22
du code du travail) :
L'installation
d'extincteurs doit être conforme à la loi. Les exercices
de maniement des extincteurs doivent avoir lieu tous les 6 mois.
A quoi sert le
permis de feu ?
Avant tout travail nécessitant l'emploi d'une flamme nue
(réparation ou travaux d'entretien), celui qui commande
le travail, le responsable de sécurité et l'opérateur établissent
et signent le permis de feu. Ce document précise :
Les
risques d ‘incendie existant auprès de l'endroit
où se fera le travail
Les
précautions à prendre
La
personne responsable de la sécurité du chantier
A noter :
Le permis de feu est obligatoire depuis l'arrêté du
19 mars 1993. Il est donc imposé par les assureurs, même
si les travaux sont effectués par une équipe de
l'entreprise.
Quelle doit être
la fréquence des vérifications électriques
?
Une installation électrique doit au minimum satisfaire
aux prescriptions réglementaires la concernant. En fonction
de la nature de l'établissement la périodicité des
vérifications est de 1 à 3 ans. La vérification
doit préciser les dangers d'incendie et d'explosion. Pour
bénéficier d'éventuels avantages tarifaires,
les installations électriques doivent être vérifiées
en totalité chaque année par un vérificateur
ou un organisme agréé de l'APSAD (Assemblée
Plénière des Sociétés d'Assurances
Dommages).
A noter :
Le certificat attestant de la conformité de l'installation
(N18) doit être demandé systématiquement à votre
vérificateur. Il s'agit d'une obligation prévue
dans le contrat entre vous et votre assureur.
A quoi sert la
thermographie ?
Technologie nouvelle, la thermographie
par infrarouge est un sondage dans l'entreprise qui permet :
La
recherche des points chauds
L'évaluation
des valeurs des échauffements
Complément indispensable à la maintenance, la thermographie
décèle les installations et matériels défectueux
ou en surchauffe avant qu'ils ne déclenchent un incendie.
A noter :
La plupart des organismes agréés proposent ce service
en complément de la vérification électrique
annuelle. Les assureurs travaillent étroitement avec ces
organismes.
Qu'entend-on par
classe de feux ?
La norme NF EN 2 distingue quatre classes de feu :
Classe
A : Feux de solides dont la combustion se fait avec formation
de braises - Exemples : les feux de bois, de papiers, de tissus
ou de PVC
Classe
B : Feux de liquides ou de solides liquéfiables sans formation
de braises - Exemples : les feux d'essence, de pétrole,
d'huiles, de graisses solvants, d'alcool et de polyéthylène
Classe
C : Feux de gaz - Exemples : les feux de méthane, le gaz
de ville
Classe
D : Feux de métaux - Exemples : les feux d'aluminium,
de magnésium, de sodium ou de potassium
Quelles sont les
incidences de la mise en place des moyens de prévention
et de protection sur le tarif d'assurance dommage ?
Les assureurs ont édicté des Règles techniques
de base, les règles APSAD, concernant les constructions,
l'organisation et la formation des hommes de sécurité pour
la protection des biens immobiliers ou mobiliers.
A noter :
La tarification d'un contrat d'assurance dommage prend en compte
les mesures prises dans l'entreprise et leurs conformités
aux prescriptions ou règles APSAD.
Comment choisir
les extincteurs ?
Ils doivent remplir plusieurs critères
:
être
adaptés à la classe de feu prévisible
être
en quantité suffisante
être
judicieusement répartis en fonction de l'aménagement
des locaux.
Notre conseil :
veillez à ce que les appareils soient adaptés au
personnel qui aura à les manipuler. Ainsi, préférez
des extincteurs de 6 kg au lieu de 9 kg si le personnel est majoritairement
féminin.
Combien faut-il
d'extincteurs dans l'entreprise ?
L'article R.232-12-17 du Code du travail
précise la réponse réglementaire :
" Le premier secours est assuré par les extincteurs en nombre suffisant
et maintenus en bon état de fonctionnement. Il doit y avoir, au minimum
un extincteur portatif à eau pulvérisée de 6 litres au minimum
par 200 m2 de plancher avec un minimum d'un appareil par niveau. En outre lorsque
les locaux présentent des risques d'incendie particuliers notamment des
risques électriques, ils doivent être dotés d'extincteurs
dont le nombre et le type sont appropriés".
La règle d'assurance de référence APSAD
se nomme R4.
Notre conseil : demandez systématiquement à votre
installateur agrée le certificat attestant de la conformité de
l'installation (N4).
A quelle réglementation
est soumise l'installation de Robinets d'incendie armés
(RIA) ?
La
nécessité d'équiper les locaux de travail
de RIA, colonne sèches ou colonnes humides est laissée à l'appréciation
des chefs d'entreprise (Article R.232-12-17 du Code du travail).
Leurs
emplacements doivent permettre d'atteindre toute la surface des
locaux. Ils doivent être à l'intérieur et
aussi près possible des issues et accès des locaux.
Les RIA présentent l'avantage d'être reliés
au réseau d'eau et donc de ne pas se vider aussi rapidement
que des extincteurs.
La règle d'assurance de référence APSAD
se nomme R5.
Notre conseil :
Demandez systématiquement à votre installateur
le certificat attestant de la conformité de l'installation
(N5). La vérification peut être réalisée
par le même spécialiste que pour les extincteurs.
Qu'est-ce qu'une
installation automatique de type sprinklers ? Quand doit-on
l'envisager ?
Une installation de type sprinklers se présente sous forme
d'un réseau de canalisations permettant d'arroser dans
les plus brefs délais avec de l'eau sous pression sur
un foyer qui se déclare. Une telle installation doit être
envisagée dès l'instant que les capitaux à protéger
sont de l'ordre de 70 millions de francs (environ 10,7 millions
d'euros) ou lorsque la surface atteint les 10 000 m2.
La règle d'assurance de référence APSAD
se nomme R1.
Notre conseil :
Demandez systématiquement à votre installateur
le certificat attestant de la conformité de l'installation
(N1)..